Pierre DEBAUCHE Théâtre, Festival International des Francophonies en Limousin En ce mois d'octobre 2008, le festival international des francophonies en Limousin vient de fêter son 25ème anniversaire. Ce festival a été créé en 1984 par Pierre Debauche. Linguiste, acteur, auteur et metteur en scène, il a fondé plusieurs théâtres et festivals et dirige actuellement le théâtre du Jour d'Agen Né en Belgique, francophone, Pierre Debauche est "plongé dans cette affaire de la transmission d'un savoir sur la langue française" |
||
extrait de l'interview de Pierre Debauche (octobre 2008) Si vous voulez nous parler de l’époque de la création du festival des francophonies, ce qui a permis qu’il existe. Voilà, il y avait une motivation au départ. C’est qu’à la demande d’Aimé Césaire, avec des camarades metteurs en scène, j’ai fait, pendant trois ans à Fort de France la création d’une troupe. Et avec cette troupe, le dernier travail que j’ai fait c’était Othello avec dix-sept martiniquais qui jouaient les vénitiens et un blanc qui jouait Othello, qui était Alain Langlet, qui maintenant est à la comédie française, et Césaire avait envie que ça se joue à Avignon. Malgré toutes les démarches que j’ai faites, à Avignon, ils n’en ont pas voulu, alors ça m’a mis en colère. Une des raisons pourquoi j’ai voulu fonder ce festival, c’est que j’avais enfin compris qu’on pouvait travailler à dix mille kilomètres d’ici en français sans que personne s’y intéresse. C’était une des raisons que de comprendre que des écrivains africains de langue française n'étaient pas souvent en France. Alors j’ai fondé ce festival, surtout pour ça, pour faire venir des gens qui n’étaient pas reconnus et le premier qui m’a aidé à le faire, c’était le président du conseil général, Monsieur Peyronnet qui est sénateur maintenant, à qui je veux rendre hommage parce qu’il est le premier à avoir compris l’ampleur de mon idée et il a tout de suite été celui qui soutenait le projet. Alors moi je l’ai soutenu parce que j’ai mis des sous à moi dedans et on a commencé à fonctionner en allant faire la connaissance de gens merveilleux. Monique Blin a été souvent en Afrique, elle m’a rejoint pour travailler ici et puis c’est comme ça? qu’ici? sont venus des gens éminents comme Sony Labou Tansi, des gens, des poètes, des danseurs, des acteurs et ça a été tout de suite extraordinaire. Pourquoi, parce que tout de suite on a voulu jouer dans les bourgs. Alors j’allais voir un camerounais au premier festival dans un bourg, je lui dis "ça va ? ", il me dit " ça va"; ils voient tout de suite que je suis étranger alors ils me disent bonjour gentiment. Ca, ce n’est pas une anecdote parisienne, c’est pourquoi c’était une très bonne idée de faire ça dans cette région d’accueil, dans cette région, le Limousin où les gens ont le cœur gros comme ça. Ils ont vraiment tout de suite accroché à l’idée, au point que beaucoup de bourgs sont devenus partenaires de villes ou de pays africains et ont été voir sur place comment ça se passait. Donc, au fond, c’est d’une banalité exemplaire ce que je raconte, on parle tous de rapprochement entre les peuples moi j’ai fait mon tout petit boulot pour que ça existe. Je me prends pas au sérieux, je n’ai droit à rien mais c’était quand même une affaire étonnante quand Sony Labou Tansi, le poète congolais disait : "maintenant c’est curieux le chemin le plus court entre Bamako et Yaoundé, c’est Limoges ". |
||
contact : |
||